

La maison familiale
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Il y a une trentaine d’années, ma mère, Monique COUDRET, née ROBLIN, voyant mon intérêt pour l’histoire de la maison de famille, où elle avait passé toutes ses vacances d'été lorsqu'elle était petite, me remit une photocopie, extrait d'une étude dactylographiée non datée. L' auteure en est sans doute Madame Jeanne FRAYSSE, qui a été longtemps avec son mari Camille la mémoire vivante du petit village du Thoureil dans le Maine-et-Loire où résidaient ma mère et mon père retraités. J’en reproduis ici le contenu :
« …Une autre vieille famille bourgeoise du Thoureil, pourvue de nombreux fiefs ( Nidevelle, Le Houssay, La Herpinière, etc...) et propriétaire de nombreuses parcelles de terre, a comme dernier représentant dans le pays Monsieur Roblin. La maison ancestrale lui est échue en partage. Depuis près de 400 ans la maison familiale est donc aux mains de la même lignée. Le fait est heureux et à souligner. Nous n'avons pas d'autre exemple à signaler chez nous. La construction très homogène, très grand siècle n'a pas subi d'outrages. Il nous a été donné précédemment d'en dire quelques mots. Egalement au cours de la présente étude, nous avons eu à maintes reprises à mettre l'accent sur l'importance des charges assumées par les Paulmier et les Joubert, l'étendue de leurs biens, la considération dont leurs noms furent entourés … »
Jusque là, j’avais pensé que la « maison familiale » datait de la fin du XVIIIème siècle, comme l’attestent les ferronneries sur sa façade Est. Je savais aussi que la famille ROBLIN n’était pas originaire de l'Anjou. Ma mère citait souvent sa « bonne maman», Emilie ROBLIN, née JOUBERT, ayant héritée de la maison et de toutes ses dépendances. Enfin, dans la légende orale de la famille, il était aussi question d’un mariage pendant la Révolution entre un JOUBERT et une PAULMIER. D'ailleurs les PAULMIER, de quelle famille s’agissait-il ?
Pour en savoir plus, je consultais les Archives départementales, triais les papiers conservés dans les greniers et rencontrais à différentes reprises Jeanne FRAYSSE, disparue en 1996. Grâce à son savoir, elle m'aida à reconstituer le puzzle. A la fin des années 90, j’écrivis une première histoire de la maison, de son origine jusqu’en 1949, date à laquelle ma mère hérita du pavillon qui jouxte la maison principale.
Et puis, « on va, on mène sa vie, tout occupé de chaque jour, et on néglige d’interroger ceux qui auraient pu nous renseigner sur le passé lointain. Quand on s’en avise, ils sont partis » [1]. Les morceaux du puzzle manquent toujours aujourd'hui pour affirmer que la maison familiale ou ses fondations aient près de 400 ans. Les plus anciennes pièces dont je suis dépositaire, m'ont permis de démarrer l'histoire de cette maison dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, c’est à dire un siècle environ avant le millésime inscrit sur son fronton [2], et de la dérouler jusqu'à ma mère.
Suivant la chronologie des générations, j’ai tenté de reconstituer des morceaux d’histoire des trois familles qui se sont succédées dans la maison : Les PAULMIER firent fructifier leurs biens au Thoureil pendant plus d'un siècle, de 1653 à 1809 : de Louis XIV en pleine ascension jusqu'à Napoléon, à son zénith. Puis les JOUBERT sont venus de la Sarthe à la Révolution et sont devenus angevins [3]. Enfin, les ROBLIN, originaires du Poitou, ont géré les terres dont ils avaient hérité au Thoureil en même temps qu'ils administraient la commune, de la fin du XIXème siècle à 1923.
Bonne lecture !
[1] Jean Delay – Avant Mémoire, 1979, Gallimard
[2] Y sont inscrits quatre chiffres formant la date 1771
[3] La Pinsonnière, Beaulieu sur Layon – maison de famille des Joubert depuis 1798.