Henri JOUBERT(1828-1908) investit au Thoureil
- Régis COUDRET

- 19 déc. 2025
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Préambule
Dans la première édition de son Dictionnaire historique, géographique et biographique du Maine et Loire publié en 1876, Célestin PORT décrivait Le Thoureil comme étant : « un bourg de 59 maisons, campé tout au bord de la Loire …, au pied de hauts coteaux, dans un alignement de jolies maisons neuves, d’aspect bourgeois, entremêlées de vieilles bâtisses des XVIème et XVIIème siècle, que dominent vers le Sud des étagements de terrasses et de jardins. » Parmi les vieilles bâtisses, l’archiviste devait certainement englober la maison familiale des ROBLIN dont l’origine remonte au XVIIème siècle.

En 1809, Pierre Charles et Marie Charlotte JOUBERT-PAULMIER avaient hérité de la « maison ancestrale », jusque-là aux mains de la lignée PAULMIER [1] En 1845, les « fiefs et parcelles de terre » du Thoureil et des communes avoisinantes revinrent à leur fille unique Marie Caroline JOUBERT. Caroline qui était veuve depuis cinq ans [2], délaissa en partie les propriétés du Thoureil pour s’occuper de ses sept enfants et des affaires de Beaulieu sur Layon. Se retirant à Angers, elle fit don de son vivant de tous ses biens à ses enfants, le 10 Février 1862. Son troisième fils, Henri Charles JOUBERT hérita de la plupart des biens du Thoureil.
Dans un certain nombre d’articles, j’ai eu l’occasion de vous parler de mon trisaïeul maternel, en tant que Président de la fabrique de la paroisse. Dès sa nomination en 1869, Henri JOUBERT œuvra pour l’organisation de fêtes religieuses ou encore pour le maintien d’une école de jeunes filles au Thoureil.
Mais avant de s’inscrire dans la vie de sa paroisse, Henri consacra dès 1863 de l’argent et du temps à des acquisitions et des travaux importants qui donnèrent à l’enclos de la maison familiale son allure de « plaisance » visible aujourd'hui. Pour clore cette année 2025, j’aimerais vous en dire un peu plus sur les investissements qu'il fit et, notamment, de la première maison dont il fit l’acquisition, qu’il transforma en « communs » [3].
Henri anônna d'abord ses prières sur les bancs de l’église du Thoureil

Henri Charles JOUBERT est né « en la maison » de ses parents, Jacques Charles et Marie Caroline JOUBERT, le 21 Décembre 1828 à Beaulieu sur Layon, comme l’atteste l'acte de naissance ci-contre. Ses grands-parents du côté maternel, Pierre Charles et Marie Charlotte Aimée JOUBERT-PAULMIER vivaient avec leurs enfants dans la maison dite de la Pinsonnière. Mais Marie Charlotte était aussi propriétaire de nombreux « fiefs et parcelles de terre » au Thoureil, dont elle avait hérité de sa tante Marie Charlotte PAULMIER en 1809, notamment de la maison ancestrale qu’occupait encore sa soeur, Julie Victoire PAULMIER, religieuse retirée de son couvent au moment de la Révolution [4].
A la mort de cette dernière, survenue le 9 Février 1832, les grands-parents d;Henri reprirent possession des lieux. A cette époque, Pierre Charles avait cédé ses activités de « chaufournier » à son gendre, Jacque Charles [5]. Et même si la mairie de Beaulieu continuait de l’occuper, il appréciait le séjour du Thoureil à la belle saison avec son épouse, laissant le soin à ses enfants de gérer la Pinsonnière.
En 1833, les JOUBERT-PAULMIER firent don à la fabrique du village du Thoureil de deux morceaux de terrain situés de part et d’autre de l’église. En échange, Pierre Charles et son épouse obtinrent la concession de « deux bancs à perpétuité » dans l’église, comme il est dit ci-dessous :
Avoir deux bancs à perpétuité dans une petite église comme celle du Thoureil, à même d’asseoir six personnes chacun, était certainement une manière de montrer aux autres paroissiens l’importance de la famille PAULMIER-JOUBERT. Mais je pense aussi que Pierre Charles et Marie Charlotte portaient en eux l’espoir de voir se multiplier leurs petits-enfants, comblant ainsi le vide laissé par la disparition de deux de leurs filles, dix années auparavant.

En 1833, ils avaient déjà quatre petits-enfants. Henri venait en troisième position après Eugène et Augustin. La petite dernière, Marie Caroline, n’avait que quelques mois. A l’été, Henri accompagna sa grand-mère au Thoureil. Traînant dans ses jupons, il apprit à confectionner des confitures. C’est peut-être là qu’il prit goût à la cuisine car, plus tard, il écrivit ses propres recettes, dont certaines nous sont parvenus. Marie Charlotte l’emmena aussi ânonner ses prières sur les bancs JOUBERT-PAULMIER de l’église paroissiale [6]. Bientôt, il en apprit d’autres en latin sous la houlette de son oncle Louis François, devenu prêtre au Mans. Il partit en effet au collège de cette ville avec ses aînés.
En Août 1840, alors qu’il se préparait à rentrer en cinquième, Henri perdit son père, foudroyé sur un four à chaux. Ses grands-parents disparurent à leur tour [7]. Henri n’eut plus l’occasion de revenir pendant longtemps au Thoureil. Sa mère se contentait d’y venir à la fin de l’été, alors que la rentrée des classes était faite, pour réceptionner les arrérages des fermages et commander des travaux d’entretien courants. Le reste du temps, la maison fut gardiennée.
Henri JOUBERT, « Aspirant surnuméraire »

Henri finit sa scolarité au Collège royal d’Angers. Il continua sans doute d’être un élève appliqué, à défaut d’être aussi brillant que son frère aîné Eugène, comme en témoignent de nombreux « accessit » retrouvés dans des livres qu'il reçut en guise de prix en fin d’année scolaire. Toujours sous la tutelle de son oncle Louis François, devenu Chanoine custode de la cathédrale Saint Maurice depuis 1846, Henri reçut son diplôme de « Bachelier es lettres » le 13 Août 1847, estampillé « Au nom du Roi » [8].
L’année 1847 fut marquée par le premier « krach » bancaire conséquent en Europe, doublé de mauvaises récoltes en France. Ces facteurs eurent pour conséquences l’apparition d’un chômage de masse dans les villes et d'une Révolution l'année suivante. Ces incertitudes poussèrent une partie de la bourgeoisie à orienter leurs fils bacheliers vers des carrières dans l’Administration. On parlait alors de « fonction tranquille » et de « retraite assurée ». Marie Caroline JOUBERT ne tenait pas à ce que ses enfants fassent des carrières militaires. Alors que son aîné, Eugène, venait de démarrer dans les Mathématiques spéciales après l’Ecole normale, Augustin et Henri rejoignirent des postes moins prestigieux. Le premier s'orienta vers l’Administration des Domaines, et Henri vers les Contributions directes, pour devenir contrôleur [9].
Dès l'année 1839, le gouvernement du Roi Louis Philippe [10], avait cherché à recruter des percepteurs compétents et surtout intègres [11] pour rendre le recouvrement de l’impôt plus efficace, C’est ainsi qu’Henri fut nommé « Aspirant surnuméraire » le 1er Mars 1850. Il démarra sa carrière le 6 Avril 1853, en étant nommé « Contrôleur de 3ème classe » dans le Cher, avec un appointement annuel de 1 200 francs. Il s’installa à Sancerre après avoir prêté serment de bien remplir ses fonctions en ces termes : « Je jure de remplir mes fonctions avec exactitude et probité ».

A peine deux ans plus tard, Henri fut affecté à Beaupréau-en-Mauges dans le Maine et Loire. Jusque dans les années 1830, les employés des Contributions directes avaient dû faire face un peu partout dans les Mauges à de nombreux troubles, visant à les empêcher d’afficher les avis de perception. Ainsi à Beaupréau même, un groupe masqué détruisit les registres de taxation d’un percepteur en pleine nuit à son domicile. Trente ans après, les Mauges étaient devenus beaucoup plus calmes. Mais le contact de l’Administration avec les populations rurales restait encore difficile.

Henri était originaire de Beaulieu sur Layon en Anjou vendéenne et sa famille maternelle avait souffert du passage des « Bleus » pendant la Révolution. Aussi, les gens le considérèrent comme étant du pays. De plus, sa droiture et sa finesse qui paraissent dans ses écrits, l’aidèrent sans doute à adopter le bon ton avec ses nouveaux administrés. Il fut vite promu Contrôleur de 2ème classe avec un nouvel « avancement accordé sur le bon témoignage de votre Directeur… récompense du dévouement avec lequel vous remplissez vos devoirs ».
Le temps des mariages et des naissances
A la même époque, les mariages se multiplièrent autour d’Henri. Sa sœur Marie se maria en Février 1857. Le 9 Septembre de la même année, son frère Augustin épousa au Mans Marie Euphémie Agathe GUERANGER, une fille d’Edouard, l’ancien ami de son père Charles. Henri songea à fonder son propre foyer.
Beaupréau n’était pas loin d’Angers. A l’occasion d’une visite chez son oncle Louis François JOUBERT, Henri lui fit part de son souhait. Le Chanoine le présenta à un jeune prêtre, Xavier BARBIER-MONTAULT, qu’il mentorait. Xavier était le fils aîné de Joseph BARBIER, avocat établie à Dissais dans la Vienne, et d’Adélaïde, née MONTAULT. Les BARBIER avait en tout 17 enfants, dont 14 filles. A l’occasion d’une de ses tournées avec un autre contrôleur des Contributions directes, Paul PERSON de CHAMPOLY, originaire de Poitiers, Henri fut introduit auprès d’Adélaïde BARBIER-MONTAULT et de ses filles. Il fut remarqué par Marie Aloïsia, née à Loudun le 10 Octobre 1834. Et comme cela se faisait assez classiquement à l’époque, Henri demanda bientôt la main d’Aloïsia à Joseph BARBIER.

La date du mariage civil fut fixée le 11 Janvier 1858 à Dissais. Paul PERSON de CHAMPOLY assistait au mariage comme témoin [12]. La veille avait été signé un contrat de mariage devant maître CESBRON, notaire à Poitiers. Le mariage religieux fut célébré le lendemain, en grandes pompes, à la Cathédrale de Poitiers. L’union d’un JOUBERT avec une BARBIER fut suivie quatre ans plus tard par une autre, celle d’un frère puiné [13] d’Henri. renforçant pour longtemps les liens entre les deux familles.
Alors que la plupart de ses nombreuses sœurs restaient dans la région de Poitiers où la famille BARBIER possédait de nombreux biens [14], Marie Aloïsia suivit son mari en Anjou. Henri y avait reçu une nouvelle affectation. Les jeunes époux s’installèrent à Chalonnes sur Loire. Et Aloïsia accoucha, le 12 Février 1860, d’une petite fille que le couple prénomma Marie Emilie. Ils n’eurent pas d’autres enfants.

La naissance du pavillon de la « Craquerie » au Thoureil

En 1862, Marie Caroline JOUBERT avait 67 ans. Elle s’était déjà retirée des affaires de Beaulieu sur Layon et vivait à Angers. Elle décida de faire don de son vivant de l’ensemble de ses biens à ses sept enfants. Les frères et sœurs d’Henri étaient tous trop éloignés ou encore trop jeunes, pour s’occuper de la maison du Thoureil et de ses fermages. Ayant montré son intérêt pour le Thoureil dès son enfance, Henri en hérita. Ses appointements de contrôleur « hors classe » s’élevaient alors à 2 000 francs annuels. Assuré de revenus réguliers, Henri négocia un certain nombre de soultes avec ses frères et sœurs, moins bien lotis au départ. En 1863, il eut la jouissance de la maison du Thoureil, de son enclos et d'une partie des fermages attenants.. Il entreprit de racheter les maisons et parcelles voisines autour de la propriété ancestrale et d'engager des travaux importants.
Henri JOUBERT fit d’abord l’acquisition, le 22 Décembre 1863, d’une « maison composée de deux chambres basses dont une à cheminée et four, grenier au-dessus couvert en ardoises, … , le tout, avec la cour entouré de murs, joignant les midi et couchant, l’acquéreur, du nord, une ruelle nommée la Craquerie, vers levant en partie Monsieur Joubert, en partie le chemin » [15]. Il la paya comptant mille francs [16].
Le projet d’Henri et d’Aloïsia était de conserver l’espace des deux chambres basses avec la cheminée et le four, et d’y adjoindre deux ailes à usage de communs. Celle vers le midi serait adossée au coteau. L’autre suivrait la pente du chemin de la Craquerie descendant vers la Loire. Au-dessus des chambres basses, ils imaginèrent un petit pavillon avec deux chambres, qui soient accessibles par le jardin du haut et par un escalier intérieur. L'ensemble serait en forme de « L », surélevé par rapport au chemin vicinal longeant la Loire, de façon à être au-dessus du niveau des crues. Le style qu'on donna aux façades, s'inspira peut-être de celui des nouvelles constructions que l'on commençait à voir dans les stations balnéaires ou thermales du Second Empire. Et comme cela se faisait beaucoup à cette époque, Henri et son épouse décidèrent de l'ajout d'un campanile au faîte de l'édifice. Henri confia les travaux à des artisans du pays.
La tradition orale veut que sa fille unique, Marie Emilie JOUBERT fut présente pour la réception de l'ouvrage. J'ai imaginé qu'avec l'aide de sa mère, Marie Emilie avait déchiffré la date gravée dans le tuffeau, juste au-dessus de la cloche : « 1867 ». Ce jour-là, son père planta peut-être aussi devant la nouvelle maison un jeune arbre exotique : le Gingko biloba devenu « Arbre remarquable » que tout le monde peut admirer de nos jours.

Alors que le chantier des communs démarrait tout juste, Henri acheta le 10 Août 1864 une autre maison « Consistant en trois chambres basses, dont une avec four, deux chambres hautes, surmontées d’un grenier couvert en ardoises avec cour, servitudes et jardin », figurant sous les numéros 546 et 547 du plan du cadastre. Enfin, le 13 Juin 1867, alors qu’il réceptionnait les travaux des communs et du pavillon, Henri offrit la somme de six mille six cent vingt-cinq francs pour une troisième maison, « construite depuis quelques années seulement et ayant aspect sur la Loire » [17]. Il termina ses acquisitions le 28 Avril 1872 par une habitation, « voisinant l’ancien manoir des Hollandais », encore appelé des Van Voorn.
Toutes ces bâtisses, nouvelles ou anciennes, n’étaient séparées de la Loire que par une levée de terre. Elle avait été bâtie en 1855 pour contrer les effets désastreux des crues de la Loire sur les constructions et, notamment sur l’église. Sur la levée, un chemin vicinal permettait d’aller d’une extrémité à l’autre du bourg en longeant le fleuve. En 1862, la levée, à nouveau corrodée par les eaux, fut surélevée et consolidée par un « perré » [18]. Le Conseil général fit porter la hauteur de la chaussée à 6 mètres, sauf devant l’église qui resta à 4,5 mètres car la cale située devant avait résisté à la crue de 1866. Ces travaux eurent lieu jusqu’en 1869. A cette occasion, les terrains de certains riverains furent préemptés.
Les JOUBERT durent céder une portion de jardin devant leur maison et faire raser une petite bâtisse située devant les communs. Henri obtint une contrepartie financière, mais surtout l’autorisation de faire bâtir un mur d’enceinte le long de la Loire. Celui-ci fut démarré dans le prolongement des communs depuis le chemin de la Craquerie au Nord et continua vers Richebourg au Sud en passant devant la maison ancestrale. On utilisa les matériaux de la bâtisse détruite pour construire une terrasse qui surplombait le chemin vicinal, offrant ainsi une vue sur la Loire jusqu’à Gennes. Un portail orné de deux colonnes fut installé à la croisée des chemins de la Craquerie et du bord de Loire, renforçant un peu plus le caractère de « plaisance » de la propriété.

Henri JOUBERT met fin à sa carrière dans l’administration
Dans les années 1870, Henri continua une carrière administrative qui ne fut même pas troublée par l’épisode de la guerre franco-prussienne et l’avènement de la IIIème République. Cette année-là, les JOUBERT furent surtout affectés [19] par la disparition de leur mère, Marie Caroline, qui s’éteignit à Angers le 17 Février 1870.
L’Histoire rattrapa Henri le 29 mars 1880. Ce jour-là, Charles de FREYCINET, président du Conseil, et Jules FERRY, ministre de l’Instruction publique, signèrent un décret visant à expulser les Jésuites de France [20]. Cela concernait Eugène JOUBERT le frère aîné d’Henri, Avoir un frère Jésuite et qui plus est, réputé valut peut-être des ennuis à Henri, ainsi qu’à son frère Augustin. Pour une raison mal cernée, Henri serait sorti de la réserve qui était recommandée aux agents du gouvernement. Il fut mis au pas.

Le 18 janvier 1881, à l’âge de 53 ans, on le muta à Auxerre dans l’Yonne. Dès la fin Janvier il obtint un certificat médical de la Faculté d’Angers l’autorisant à prendre un congé. Et au final, il demande par anticipation sa mise à la retraite. Le 10 Août, sa demande est acceptée et le 6 Décembre 1881, une pension de 1 177 francs lui est accordée. Henri JOUBERT vivra encore de longues années. Il s’éteindra le 29 Novembre 1908, dans sa 80ème année. Sur son image mortuaire, on peut lire cette pensée : « Sa mort fut toute paisible et suave, sans angoisse et sans terreurs, parce que sa vie fut toujours sainte et pure ».
Epilogue
En Juillet 1934, Marie Emilie, la fille d'Henri JOUBERT, écrivit les quelques lignes qui suivent à propos du baptême d'une nouvelle cloche destinée au pavillon du Thoureil :

« J’ai revu la belle cérémonie d’un baptême de cloche. [...] tous mes enfants [étaient - ndla] venus pour la circonstance. C’était la première fois que les jeunes voyaient semblable cérémonie, et ils en ont suivi avec intérêt tous les détails [...] Elle remplace la cloche fêlée depuis quelques années, que papa avait fait mettre dans le clocheton du pavillon. »
La petite cloche, qui a aujourd’hui 91 ans, n’a plus sonné depuis de nombreuses années. La chaîne qui l’actionnait, pend toujours au bout mais plus personne n’ose la tirer. J’ai imaginé qu’au moment de la réception du pavillon en 1867, mon arrière-grand-mère avait été la première, du haut de ses six ans, à tirer la chaîne de cette cloche. Son tintement rythma ensuite la vie de la maison des JOUBERT puis des ROBLIN pendant trois générations, mais ceci est une autre histoire.
Notes de fin
[1] Depuis au moins 100 ans. Camille et Jeanne FRAYSSE, Mémoires du Thoureil disparues aujourd’hui, décrivirent la maison des ROBLIN à la fin du XXème siècle, comme étant « aux mains de la même lignée depuis 400 ans ». C’est vrai en incluant les LEGEAY, les PAULMIER, les JOUBERT avant les ROBLIN.
[2] De Jacques Charles JOUBERT, son cousin germain, dont je vous ai raconté récemment la disparition.
[3] Les dépendances d’une propriété (écuries, buanderies, etc…)
[4] L’ordre religieux « de Saint Bernard », dont Julie Victoire dépendait, avait été dispersé pendant la Terreur. Et à la Restauration, je pense qu’elle fut dispensée de vie cloîtrée par sa hiérarchie et finit sa vie « terrestre » au Thoureil, sans pour autant renoncer à ses vœux.
[5] Voir aussi « l’article sur la disparition subite de Charles JOUBERT ».
[6] J'ai imaginé la scène car il est possible que les bancs n'aient été effectivement attribués aux PAULMIER-JOUBERT qu'en 1840. En tout cas, cette tradition se perpétua jusqu’à une époque récente, puisque ma mère, Monique ROBLIN, me raconta qu'elle et ses sœurs, « Guite » et Anne, s'asseyaient encore à côté de leur grand-mère, Marie Emilie JOUBERT, sur un banc au premier rang de l'église du Thoureil et y récitaient leur chapelet. Les bancs ont disparu aujourd'hui.
[7] Pierre Charles Joubert est décédé le 24 Décembre 1843 à Beaulieu. Son épouse Marie Charlotte s'éteignit deux ans plus tard.
[8] Le dernier des Rois de France, Louis-Philippe, duc d’Orléans.
[9] Au XIXème siècle, les percepteurs ou contrôleurs étaient les fonctionnaires chargés du recouvrement, pour le compte de l’État, des Contributions directes : les fameuses « quatre vieilles », à savoir, les contributions foncière, personnelle et mobilière, de la patente, des portes et fenêtres, instituées sous la Révolution. Ils géraient en parallèle la recette des communes de leur circonscription.
[10] Par l’ordonnance du 31 Octobre 1839 qui institua ainsi un « surnumérariat » de deux ans.
[11] D’après le « Manuel des percepteurs et des receveurs municipaux des communes », Durieu - 1822, p. 288, jusque sous Louis Philippe, les percepteurs étaient bien souvent des notables de pays, à qui on ne demandait que de savoir « chiffrer et calculer ».
[12] Paul PERSON de CHAMPOLY, Contrôleur des Contributions directes, épousa Berthe BARBIER, une autre fille de Joseph BARBIER. Son fils, Maurice PERSON de CHAMPOLY. épousa à la fin du XIXème siècle, Charlotte HUON de KERMADEC, sœur aînée de ma grand-mère maternelle. Henri JOUBERT fut témoin de ce mariage.
[13] Léon JOUBERT épousa Marie Octavie BARBIER, une petite sœur de Marie Aloïsia,
[14] Voir la vie de Joseph Barbier, par Jean ROQUET–MONTEGON, un de mes cousins au 9ème degré.
[15] Suivant acte notarié passé chez Maître Hamelin, notaire de Saint Georges le Toureil. Il s’agit de la parcelle 537. Les vendeurs, Monsieur BAUDRILLER et ses enfants, étaient des mariniers. Leur maison datait au moins de 1817 et sans doute du XVIIIème siècle.
[16] 1 franc en 1860 vaut environ 2 € aujourd’hui.
[17] « Consistant en une chambre basse à cheminée, une autre chambre à cheminée, servant de cuisine et de boulangerie, deux chambres hautes à cheminée, un vestibule, une chambre sans cheminée, une chambre à cheminée servant aux domestiques, …, grenier sur le tout , cave, écurie, cour, bas-jardin, haut jardin en forme de terrasse, … le tout compris au plan cadastral sous les numéros 548, 549, 551 et 552 ».
[18] Dans le domaine des travaux publics, un perré est un revêtement en pierres sèches ou en maçonnerie, destiné à renforcer un remblai, les rives d'un fleuve, les parois d'un canal, etc.
[19] Les GUERANGER, habitant Le Mans, souffrirent eux de l’avancée prussienne.
[20] Au total, 5.643 Jésuites auraient été expulsés, notamment vers Jersey et l’Espagne.



C'est un texte très réussi, comme d'habitude.
Joyeuses fêtes.