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Denis DELAMARE, Maître boulanger (1660 – 1733)

  • Photo du rédacteur: Régis COUDRET
    Régis COUDRET
  • 25 août
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 août

Denis DELAMARE (1660 – 1733) (source : Archives personnelles)
Denis DELAMARE (1660 – 1733) (source : Archives personnelles)

Préambule


Lorsque j’étais gamin, son portrait trônait dans le salon de mon grand-père à Nice. C’est à peine si nous, les jeunes, lui adressions un regard, tant nous étions rivés chaque jour sur les aiguilles de la pendule, à attendre l’heure du départ à la plage. Au Thoureil, mes parents le reléguèrent à l’étage sur une bonnetière, dans une quasi obscurité, que seul son cadre de bois doré éclairait. A l’époque, mon père n’était pas encore devenu mal voyant. Je lui demandais s’il savait de qui il s’agissait. Il se souvenait de son patronyme : DELAMARE. Mais, il ne savait déjà plus à quelle branche des COUDRET, cette famille avait été attachée. Et surtout plus personne ne savait ce que ce personnage avait mené comme existence. Était-il officier du roi, conseiller, homme de robe ?

Quelques années plus tard, j’héritais du tableau. L'ancêtre reprit sa veille dans notre salon. C’est en le dépoussiérant, que je retrouvais derrière le portrait, un écrit plié en quatre. Je me mis à déchiffrer : « Le Sieur Denis Delamare représenté cy derrière est né en 1660 et mort le 14 Février 1733 ». Un de ses petits-fils, Henry DELAMARE avait dressé un arbre généalogique ascendant et descendant de son aïeul en 1782. Grâce à cette trame et à la découverte récente d'une autre archive de famille, je suis à même de vous raconter aujourd'hui l’histoire de Denis DELAMARE et son lien avec la famille COUDRET.

Extrait de l’arbre généalogique de Denis DELAMARE de 1782 (source : Archives personnelles)
Extrait de l’arbre généalogique de Denis DELAMARE de 1782 (source : Archives personnelles)

Les DELAMARE : du fief du Durinois

au fournil du faubourg Saint Lazare


Carte de Gonesse vers 1780 (extraite de cartes de Cassini).
Carte de Gonesse vers 1780 (source : Cartes de Cassini).

Denis DELAMARE est probablement né à Gonesse [1], dans l’actuel département du Val d’Oise. Il était un des cinq enfants d’Élie DELAMARE, laboureur dans ce bourg du Nord de Paris, réputé pour ses blés. Le document de 1782 précise que « leur ayeul avait trois fils [ et était-ndla] … propriétaire du fief de Durinois ». J'ai retrouvé qu'un certain Jean de LAMARE, Bourgeois de Paris, avait été Seigneur d'un fief du Durinois au XVIème siècle [2]. Durinois était une petite seigneurie rurale, implantée aux abords Nord-est de Paris. J'ai supposé que ce Jean de LAMARE avait été le grand-père de Denis et qu’Elie était un de ses fils cadets. Ce qui avait ôté à ce dernier tout droit sur l'héritage du fief du Durinois. Il aurait alors gagné la terre de Gonesse qu'il se mit à travailler, après avoir « diverti le bien que lui avait laissé son père ».

Marie de Médicis dégustant du pain mollet de Gonesse (source : Imagé générée par l’IA)
Marie de Médicis dégustant du pain mollet de Gonesse (source : Image générée par l’IA)

Néanmoins, grâce au douaire de sa mère, Denis put entrer en apprentissage auprès d’un boulanger de Gonesse. Au XVIIème siècle, Gonesse se taillait une solide réputation pour la qualité de son pain fabriqué avec le blé du terroir. Le pain mollet de Gonesse était bien connu à Paris sous le nom de « pain de chapitre » [3]. C’était un pain avec une farine de froment très fine, préparé avec du lait et du beurre qu'on appelait aussi « pain à la Reine », parce qu'il avait été le préféré de Marie de Médicis. J’ai imaginé que Denis acquit bientôt un savoir-faire dans la fabrication de ce pain.

Dans les années 1680, Denis, sur les conseils de ses parents, s'installa comme boulanger à Gonesse. A quelques kilomètres au Sud, était le petit village de Dugny [4] où coulait la rivière Vieille mer. La farine des trois moulins qui suivait son cours, était prisée des boulangers de la région. Denis y rencontra Jeanne PREVOST dont le père était maréchal-ferrant, L'artisan œuvrait pour les meuniers. Sa fille, Jeanne, était née et avait été baptisée le 10 Octobre 1663 à Dugny [5]. C’est dans cette paroisse que Denis et Jeanne se marièrent le 17 Novembre de l’An de Grâce 1687 [6].

Le Petit moulin de Dugny au début du XXème siècle (source ! Wikipedia)
Le Petit moulin de Dugny au début du XXème siècle (source ! Wikipedia)

Le père de Denis était présent à la cérémonie [7]. Il est mentionné dans l’acte de mariage comme étant « boulanger ». Cette déclaration laisse supposer qu’Elie DELAMARE était devenu « laboureur boulanger ». Le groupe des laboureurs boulangers occupe le haut de la liste, parmi les 95 boulangers de Gonesse recensés par la Prévôté de Paris en 1693 [8], Ils étaient une quinzaine à Gonesse : les plus riches. Il faut dire que « L'association de ces deux métiers par un même individu présentait pour lui plusieurs avantages, liés au fait qu'il n'avait pas à acheter de grains pour faire du pain… ou s'il devait en acheter c'est dans une bien moindre proportion que les autres boulangers. Et il ne payait pas de droit sur le marché des grains… » [9].

Extrait du Mariage de Denis DELAMARE et de Jeanne PREVOST le 17 Novembre 1687 à Dugny (BMS 1miEC0301 1624-1718.AD 93)
Extrait du Mariage de Denis DELAMARE et de Jeanne PREVOST le 17 Novembre 1687 à Dugny (BMS 1miEC0301 1624-1718.AD 93)

Denis et Jeanne s’installèrent rapidement après leur mariage aux portes de Paris. En effet, Jeanne qui avait gardé un lien avec sa paroisse d’origine, est citée comme marraine dans un certain nombre d’actes paroissiaux de Dugny dans les années qui suivent. Mais surtout, elle est nommée dans les registres, comme étant la « femme de Denis Delamare boulanger au Faubourg Saint Lazare, paroisse Saint Laurent ». C’est par exemple le cas, à l’occasion de l’enterrement d'un de leurs fils, prénommé Nicolas, le 17 Avril 1693.

Sépulture de Nicolas DELAMARE le 17 Avril 1693 à Dugny (BMS 1miEC0301 1624-1718.AD 93)
Sépulture de Nicolas DELAMARE le 17 Avril 1693 à Dugny (source : BMS 1miEC0301 1624-1718.AD 93)

Denis DELAMARE, ou l’ascension d’un artisan boulanger


Vue de l’Eglise Saint Laurent par Israël SILVESTRE (1621 – 1691) (source : Bibliothèque municipale de Lyon)
Vue de l’Eglise Saint Laurent par Israël SILVESTRE (1621 – 1691) (source : Bibliothèque municipale de Lyon)

Au XVIIème siècle, le « Faubourg Saint Lazare » ou enclos Saint Lazare était un quartier en pleine construction aux portes de Paris, peuplé d’artisans et de commerçants. Les boulangers s'étaient regroupés autour de l’enclos. Ils formaient une communauté corporative considérée comme « libre », c'est-à-dire qu’elle n’était pas aussi rigoureusement encadrée que celle des boulangers de Paris, dits « jurés » [10] . L’enclos Saint Lazare n’existe plus aujourd'hui [11] mais il se situait à proximité de l’église Saint Laurent. Cette église, aujourd'hui proche de la gare de l'Est, était sur la route royale [12] qui menait à Saint Denis puis à Senlis. Et cette route passait par Dugny et Gonesse. Le bourg de Gonesse au XVIIème siècle, « était au cœur d’une très grande région céréalière... les boulangers du bourg attiraient à eux des quantités de grain qu'ils vendaient ensuite sous forme de pain dans la capitale ». En quittant le monde rural pour le faubourg parisien, Denis resta en contact avec son père.

J’ai imaginé que Denis DELAMARE forma après son mariage, une association avec son père et son beau-père, Pierre PREVOST. Pour fabriquer le pain, il fallait transformer le grain en farine dans un moulin. Etant maréchal-ferrant, Pierre PREVOST forgeait ou réparait des pièces de moulin, comme des axes, manivelles, etc… Entre artisans à l'époque, le troc était souvent de mise : Elie DELAMARE fit transporter le grain qu’il destinait à son fils sur des chariots tirés par des bœufs jusque dans un des moulins de Dugny. Pierre PREVOST en était le maréchal-ferrant attitré. Pendant que le meunier moulait le blé, Pierre PREVOST s’occupait des fers des bêtes. Les bœufs continuaient ensuite leur route vers la capitale transportant la farine de froment, que Denis transformait en pain dans son fournil du faubourg Saint Lazare. L'association échangea ainsi le grain, la farine et le pain contre des services. Et paya aussi moins de taxes... De plus, pendant les années de disette [13], ces membres ne manquèrent jamais de pain...


« Un forgeron ferrant un bœuf » de Karel Dujardin (source : Wikicommons)
« Un forgeron ferrant un bœuf » de Karel Dujardin (source : Wikicommons)

Comme tous les boulangers du faubourg Saint-Lazare, Denis et Jeanne étaient moins contrôlés par les lieutenants de police [14] sur le poids des miches que leurs homologues parisiens. Ils en tirèrent peut-être profit en vendant leur pain aux riches bourgeois de Paris, alléchés par l'odeur appétissante de leur pain mollet.

Plan de la Foire Saint Laurent en 1743 (source : BNF Les Essentiels)
Plan de la Foire Saint Laurent en 1743 (source : BNF Les Essentiels)

Le couple s’intéressa aussi aux foires comme celle de la Saint Laurent. Cette manifestation se tenait depuis le Moyen Age dans l’enclos Saint Lazare [15]. Depuis 1661 elle ouvrait le 9 août, veille de la Saint-Laurent et se terminait le 29 septembre, jour de la Saint-Michel. L’enclos était partagé en vingt-quatre îlots. Dans chaque îlot, on trouvait traditionnellement des boutiques de brocanteurs, de marchands ambulants, tels que les colporteurs, etc… [16] Les visiteurs parisiens s’y rendaient plutôt après le déjeuner et ne s’y restauraient que rarement [17]. Mais, dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, la foire fut envahie par des comédiens. Petit à petit, leurs spectacles attirèrent de nouveaux chalands, y compris de la noblesse qui ne dédaignait pas les friandises pendant les représentations. Aussi j’ai imaginé que Denis et Jeanne y avaient tenu un étal dès 1688, où ils vendaient des petits pains fantaisie contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Dix ans après, en novembre 1699, Denis et Jeanne, devenus riches, firent l’acquisition d’une maison et d’un four, situé au 29 du faubourg Saint-Lazare [18]. A bientôt 40 ans, Denis était à la fois maître boulanger et propriétaire. Sa famille fit souche pendant plus d’un siècle dans la paroisse Saint Laurent.


Une petite note datant de 1884


Note manuscrite de 1884 de Jeanne Palmyre VATINELLE, « femme COUDRET » sur son ascendance DELAMARE (source : Archives personnelles)
Note manuscrite de 1884 de Jeanne Palmyre VATINELLE, « femme COUDRET » sur son ascendance DELAMARE (source : Archives personnelles)

Récemment, en mettant de l’ordre dans les archives de mon arrière-grand-père Gustave Edmond COUDRET [19], je suis tombé sur une petite note rédigée par sa mère, Jeanne Palmyre VATINELLE, datant de 1884. Ma trisaïeule paternelle « épouse Coudret » avait eu la bonne idée de rapporter son lien de famille avec le rédacteur de l’arbre généalogique de Denis DELAMARE : « … Henry Delamare… a écrit et signé la généalogie qui se trouve derrière le portrait de Denis Delamare… Notre grand-père maternel doit être un des petits fils de Siméon Delamare. ».

L’arbre généalogique que j’avais retrouvé derrière le portrait, indique que Denis et Jeanne DELAMARE eurent six enfants, dont deux garçons Denis et Siméon devenus Maîtres boulangers [20]. Le deuxième, Siméon serait né en 1701 et baptisé paroisse Saint Laurent. Après la mort de son père, survenu le 14 Février 1733, Siméon devint même le doyen des boulangers de Paris. Son fils Henry, auteur de la généalogie, ne reprit pas le flambeau. En effet, suivant un procès verbal du 27 Mars 1771, constatant la «  mort subite » de son père Siméon, survenu dans sa maison du Faubourg Saint Martin, on apprend qu'Henry, témoin, était devenu « maître en chirurgie ».

Extrait des Minutes des commissaires du Châtelet concernant la « mort subite » de Simeon Delamarre (source : Archives nationales Y12177)
Extrait des Minutes des commissaires du Châtelet concernant la « mort subite » de Simeon Delamarre (source : Archives nationales Y12177)

Henry eut deux filles et un garçon. Ce dernier, «  nommé Jean-François, né le 23 Septembre 1768… » était le grand-père maternel de Jeanne Palmyre VATINELLE. Au verso de la petite note de ma trisaïeule, j’appris que Jean-François avait eu deux enfants : un garçon dont je ne connais pas le prénom et une fille, Louise Palmyre.

Louise Palmyre DELAMARE épousa un certain Louis Théodore VATINELLE. Ils eurent deux filles, dont Jeanne Palmyre « épouse COUDRET ». A la naissance de Jeanne Palmyre en 1826, son grand-père, Jean-François, était parti depuis longtemps pour les Amériques avec son fils. Tous deux s’étaient lancés dans le commerce de toiles. On perdit ensuite leurs traces. Mais ceci est une autre histoire.

Arbre de descendance d'Henry Delamare (source : Généatique)
Arbre de descendance d'Henry Delamare (source : Généatique)

Epilogue


Grâce à Jeanne Palmyre, le portrait de Denis DELAMARE, Maître boulanger, entra dans la famille COUDRET. Cinq générations après, j’en suis le dépositaire. Et parfois, quand je m’assoie dans mon salon, je lui jette un regard.

Denis DELAMARE ne fut pas le conseiller du Roi que j’avais imaginé. Il fut maître boulanger, s’enrichit et retrouva à la fin du règne de Louis XIV, le statut de bourgeois que son père, cadet de famille, avait perdu. Dès le début du XVIIIème siècle, « certaines classes de la société s’enrichissent considérablement et aspirent à une forme de reconnaissance : le portrait joue alors un rôle central... » . Si « Les souverains et les membres de la famille royale se faisaient portraiturer depuis fort longtemps par leurs artistes favoris… Chacun désormais souhaitait s’approprier cette manière d’asseoir son nom et de laisser une trace dans l’Histoire » [21]. J’ai imaginé que Denis, fier de son ascension sociale, avait franchi un jour le seuil d’un atelier pour passer commande de son portrait. Le peintre, habitué aux commandes de la bourgeoisie montante, sut le convaincre : « Si vous voulez affirmer votre place dans la cité, commandez un portrait. Pas un petit pastel, non… une grande toile [22], à l’égal des magistrats. » Denis hésita, puis finit par céder à la tentation. On le représenterait non pas dans son tablier de travail, mais en maître respecté, vêtu d’un habit sombre recouvert d’un drapé de velours grenat, tombant sur son épaule avec des plis théâtraux. La perruque poudrée, large et soigneusement bouclée, encadrerait son visage, lui conférant une gravité nouvelle. Grâce à ce portrait de bonne facture, mon ancêtre Denis DELAMARE réussit à laisser une trace dans l’histoire de notre famille.

Notes de fin


[1] Malheureusement, les Registres paroissiaux de Gonesse sont lacunaires à cette époque et ne permettent pas de le confirmer. Ils ne démarrent qu’en 1692.


[2] Voir les Archives Nationales (cote S//6733 – vol. 2). Le fief du Durinois se trouvait sur le territoire de l’actuelle commune de Bagnolet, à l’est de Paris, dans l’ancien diocèse de Paris et dépendait de la paroisse de Romainville sous l’Ancien Régime. C’était un petit fief rural comportant quelques terres, vignes et maisons, exploité par des laboureurs ou des vignerons.


[3] Ainsi nommé du fait que le boulanger du chapitre de Notre-Dame de Paris aurait été le premier à le fabriquer.


[4] La commune existe encore mais est en grande partie sur l’actuel emplacement de l’aéroport du Bourget.


[5] Les registres de Dugny remontent à 1624 et mentionnent de nombreux PREVOST et DUGLAND. Pierre PREVOST et Martine, née DUGLAND, y étaient sans doute implantés de longue date.


[6] Voir 1miEC0301 des AD 93 - Actes de naissances, de mariages et de décès de Dugny, 1624-1718 p 167.


[7] La mère de Denis, Jeanne, née DUMOUSTIER, est citée mais elle n’était déjà plus de ce monde.


[8] Sur un total de 3 000 habitants. Voir Nicolas De la Mare, Traité de la Police, Paris, 2* édition, 1722, livre I, titre XII, chapitre XI. A noter que ce Nicolas DE LA MARE bien connu, n’est qu’un homonyme de la famille qui nous intéresse.


[9] Du coup, la prévôté demandait à ces favorisés de fabriquer parfois dix fois plus de pain quotidiennement, selon les individus. Extrait de « Le pain de Gonesse à la fin du XVIIe siècle. » par Claude GINDIN In : Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 19 N°3, Juillet-Septembre 1972. pp. 414- 433.


[10] Depuis 1678, les boulangers jurés devaient nécessairement passer par un apprentissage et valider leur maîtrise par un chef-d’œuvre.


[11] Ce quartier disparut au XIXème siècle au profit de grands équipements comme la Gare du Nord ou la gare de l’Est. Sur les vastes terrains de l’enclos Saint Lazare, il ne reste aujourd’hui plus qu’un square rappelant cette époque verdoyante : le jardin Saint Lazare.


[12] Saint Denis était la nécropole royale et le château de Senlis était la plus vieille résidence royale depuis Hugues Capet.


[13] Les années 1690 sont connues comme ayant été des années de grande misère. En 1692, par exemple, le froid rendit la récolte de céréales particulièrement catastrophique autour de Paris.


[14] Dans ces années où les crises frumentaires se succédaient, le prix du pain était particulièrement surveillé, sa qualité contrôlée, son poids vérifié dans Paris et auprès des boulangers jurés.


[15] Au XVIIe siècle, la foire Saint Laurent se développa fortement, pour se tenir pendant deux semaines. On avait même édifié un enclos spécifique pour accueillir l’événement.


[16] L’Amour médecin (I, 2) : « Est-ce que ta chambre ne te semble pas assez parée, et que tu souhaiterais quelque cabinet [buffet à tiroirs] de la Foire Saint-Laurent ? »


[17] Toujours Molière dans l’Avare (II, 5) : « Elle doit après dîner rendre visite à votre fille, d’où elle fait son compte d’aller faire un tour à la Foire, pour venir ensuite au souper »


[18] Il faudrait retrouver une minute de notaire décrivant le contenu de cette maison, mais je suppose que Denis et Jeanne avaient déjà suffisamment de biens pour faire l’acquisition d’un fournil. Un inventaire après décès de Jeanne PREVOST du 07 Janvier 1717 est consultable au Caran.



[20] Suivant un Edit du Roi « portant union des boulangers des faubourgs de Paris à ceux de la ville… » promulgué en Août 1711, tous les apprentis boulangers devaient réaliser un chef d’œuvre pour devenir maître, y compris les artisans dits « libres ». Source Gallica : Les métiers et corporations de la ville de Paris XIVe – XVIIIème siècles par René de Lespinasse 



[22] Aux XVIIᵉ et début XVIIIᵉ siècles, les grands portraits peints en pied (à l’huile sur toile, en grand format) restaient l’apanage de la noblesse et de la haute bourgeoisie enrichie (officiers de finance, parlementaires, grands marchands). Ces œuvres coûtaient chères : il fallait non seulement payer le peintre, mais aussi le cadre, parfois les habits luxueux spécialement commandés pour la pose




 
 
 

5 commentaires


Pierre M-C
04 sept.

Très touchant ce beau portrait: Quelle chance et joie que d'avoir déceler le mystère de cette toile magnifique dont je ne me souvenais pas - un vrai bonheur -

Quelle recherche et travail aussi pour faire vivre une époque et la lier à notre famille!!!

C'est très chouette😀

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Invité
05 sept.
En réponse à

On m'a aussi dit que le portrait de Denis Delamare était dans la chambre de grand-père. Comme quoi, les souvenirs sont trompeurs...Merci Pierre.


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Coudret Maryelle
27 août

Ai tout lu ! Pas étonnant que j'aime autant le pain🍞 Merci beaucoup💐

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Alain Guillemin
26 août

Encore bravo pour tes recherches généalogiques et tes recits qui nous incitent à faire un retour sur le passé.

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Invité
27 août
En réponse à

Merci pour ton commentaire Alain. La recherche que j'ai faite sur la mode du portrait au XVIIIème siècle m'a aussi fait réfléchir sur le présent et la mode des réseaux sociaux type Instagram, Snapchat ou encore Tik Tok. A l'époque je pense qu'il y avait moins de narcissisme à se faire embellir sur un tableau.

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